KARINE DUBOIS ET SARAH SPRING

Leur rencontre

Sarah : « À une discussion organisée par Doc Québec sur le cinéma collaboratif. Je venais de terminer À St-Henri, le 26 août. Je crois qu’elle se demandait ce qu’une anglophone faisait dans un remake d’un film profondément québécois… »

Karine : « J’ai rencontré Sarah pour la première fois lors d’une activité de Doc Québec. Sarah et l’équipe du film À St-Henri, le 26 août faisaient une présentation pour parler de leur démarche pour la réalisation du documentaire.

Il faut dire que j’étais un peu jalouse parce que j’avais souvent rêvé revisiter le classique À Saint-Henri le cinq septembre.

Dès le début, j’ai été séduite de voir Sarah et Shannon Walsh (la réalisatrice), deux anglophones, faire la conférence entière en français. Je pense que Sarah avait déjà gagné mon cœur.

J’écoutais les filles parler de Saint-Henri, des personnages, et je trouvais vraiment tripant que deux anglos aient eu un coup de cœur pour ce quartier et pour le documentaire tourné en 1962. Ça me sortait de mes préjugés, ça brisait le cliché anglo/franco et c’était tant mieux.

Puis, elles ont expliqué comment elles avaient travaillé sur ce film et j’ai vu tout de suite l’engagement total de Sarah dans ce projet et la passion avec laquelle elle en parlait. J’ai carrément eu un girl crush professionnel. Ensuite, j’ai invité Sarah dans un souper avec d’autres productrices parce que je voulais mieux la connaître.

C’est pas mêlant, je le raconte et j’ai l’impression de raconter une histoire de cruise. Bref, depuis ce temps, mon girl crush est devenue collègue, coloc de bureau, amie. »

SARAH : « Karine m’a dit il n’y pas si longtemps qu’elle s’était présentée à cet événement Doc Québec avec quelques réserves. Pour elle, le fait que des cinéastes originaires de l’Ontario s’approprient l’œuvre d’Hubert Aquin constituait un geste somme toute périlleux. Mais, il faut croire que nous l’avons convaincue parce que tout de suite après la discussion, elle m’a accrochée. Nous avons échangé et je pense qu’elle m’a aussitôt demandé mon numéro. C’est elle : intègre et entière. »

Karine admire Sarah pour : « Sa détermination. Sa façon de croire totalement en ses projets et de voir le positif et les opportunités là où les autres verraient l’insurmontable. C’est aussi une fille qui, je pense, réussira à vraiment changer des choses à cause de ses convictions politiques et sociales et de la façon dont elle défend ses idéaux. Mais surtout, c’est une feel good collègue. Elle a de l’humour et ça, pour moi, c’est vraiment gagnant. »

Sarah admire Karine pour : « Elle est une leader naturelle qui réussit toujours à rassembler les gens et les idées. Elle est intègre et possède une excellente vision à long terme. »

La place des femmes

Sarah : « Aujourd’hui, j’étais à la conférence de presse des RIDM et je regardais les magnifiques Roxanne, Charlotte et Myriam présenter la programmation du festival de cette année. J’ai été impressionnée par le fait qu’elle représente ce nouvel esprit du milieu, quelque chose de spécial et de différent de ce que l’on peut voir des autres festivals qui sont généralement dirigés par des hommes.

La salle où avait lieu la conférence était aussi remplie de femmes réalisatrices qui présenteront un film cette année.

Somme toute, la représentation féminine est très bonne et je souhaite que ça continue.

Mais cette place, elle a été acquise par un travail acharné et soutenu. Celui-ci se doit d’être poursuivi et même de s’étendre aux autres sphères du milieu cinématographique. »

Karine : « Le milieu du documentaire est un milieu très féminin. Réalisatrices, productrices, il y a beaucoup de femmes. C’est aussi le genre qui est peut-être le moins payant en cinéma… drôle de hasard. Non, sérieusement, sans vouloir généraliser, je pense qu’il y a cette notion de temps, d’observation, de sensibilité dans le documentaire qui interpelle plusieurs femmes. L’impression aussi de pouvoir faire la différence avec les films que nous produisons. Le documentaire ne sert pas bien les gens avec des gros ego. Les femmes que je côtoie dans notre domaine sont vraiment dédiées et pas du tout en représentation. »

Karine : « Je pense qu’avec Sarah et plusieurs productrices, réalisatrices et autres collègues du documentaire, on commence à se regrouper autour de points communs. Nous faisons partie de la génération qui n’a pas connu l’âge d’or du documentaire. Depuis le début, on se bat pour chaque subvention. On se bat pour faire notre place et être reconnues par les plus expérimentés du milieu. On pousse pour que nos projets se rendent le plus loin possible. On a choisi une certaine relation avec nos réalisateurs qui nous met sur un pied d’égalité, qui nous fait travailler vraiment étroitement, sur le terrain, avec ceux-ci.

Je pense qu’on réussit à faire beaucoup avec peu. Je pense aussi qu’on a de grandes ambitions et idéaux malgré le climat politique écrasant. On a décidé de se dire : « Fuck la morosité. »

Dernièrement, j’ai l’impression que non seulement on a trouvé une voie qui nous est propre, mais en même temps, on se rapproche aussi de la génération qui nous a précédés. On sait qu’on a à apprendre d’eux. Donc on a un peu le meilleur des mondes : notre façon de faire et l’énergie de la relève, mais aussi l’inspiration et l’expérience de ceux qui en ont vu d’autres avant nous. »

Publicités
Publié dans Cinéma | Laisser un commentaire

SARAH SPRING

Sarah Spring a 33 ans. Elle est productrice.

 

Sarah a produit plusieurs documentaires longs métrages tels que Roadsworth : franchir la ligne, réalisé par Alan Kohl en 2008 sur l’artiste montréalais Roadsworth; H2Oil, par Shannon Walsh en 2009; À Saint-Henri, le 26 août par Shannon Walsh en 2011; et Jeppe on a Friday par Shannon Walsh et Arya Lalloo. Ce dernier film est présentement à l’affiche aux RIDM.

Elle a produit aussi deux courts métrages : Transfert par Guillaume Paquin et The Lamb par Shannon Walsh.

« Lorsque je décide de travailler sur un film avec un réalisateur ou une réalisatrice, je cherche surtout une voix, un auteur. Quelqu’un qui a vraiment une signature, un sens esthétique propre à la forme documentaire.

Mes choix ne peuvent seulement reposer sur la bonne idée. Je risque de me réveiller tous les jours, me rendre au travail et perdre le sommeil pendant plusieurs années à cause de ce film.

En ce sens, l’objet doit me plaire à tous les niveaux. Un regard singulier, une approche sociale… et un petit je ne sais quoi… »

Elle travaille présentement sur Ariel, de Laura Bari, Cuando Suena el Clarin, réalisé par Pablo Alvarez Mesa, et Arrogance, par Shannon Walsh.

Elle dirige sa boite de production, Parabola Films, avec sa partenaire Selin Murat.

« Ma partenaire, Selin Murat, est une personne incroyable. Nous avons réussi à trouver un moyen de travailler en symbiose sur nos films. Je me compte chanceuse de travailler avec elle parce que, d’abord, elle est d’une créativité et d’une intelligence sans pareilles. Ensuite, et surtout, elle est mon complément idéal. Elle aime faire les choses que je n’aime pas dans le travail et vice versa. »

« Depuis que j’ai commencé dans le milieu en 2005, le monde du documentaire n’a pas été épargné.

Même si le public est de plus en plus au rendez-vous, les budgets alloués pour ce type de film au Canada n’a cessé de diminuer, particulièrement pour les longs métrages d’auteurs.

Jusqu’à présent, j’ai eu la chance de réussir à trouver le financement pour mes productions, mais je me sens toujours un peu dans un état de précarité. Nous avançons toujours un peu à tâtons en sachant pas trop ce que l’avenir réserve à cette forme de cinéma.

De plus, le médium est en évolution, les modèles de financement aussi. Ça nous pousse à expliquer et à réaffirmer comment le documentaire contribue à notre société, au regard que nous portons autant sur l’autre que sur nous-mêmes.

Mon ambition est de continuer à raconter des histoires qui portent.

Je souhaite que Parabola Films soit reconnue comme une boîte d’où émerge des auteurs, de nouvelles voix.»

LA RELÈVE QU’ELLE ADMIRE : « La relève, c’est un drôle de mot.

Il est souvent présenté dans une pensée dichotomique. Un jour tu es de la relève et l’autre un artiste établi.

Parmi les premiers films que j’ai vus au cours de la dernière année, celui de Meryam Joobeur m’a particulièrement plu.

C’est une très belle proposition, un film réfléchi sur son grand-père et la révolution tunisienne intitulé God, Weeds & Revolution. Il a été présenté en première  au FNC cette année.

Au printemps dernier, j’ai aussi été bouleversée par Godin de Simon Beaulieu. Sa réalisation et la qualité de la recherche m’ont particulièrement impressionnée. Ça m’a aussi permis de faire la connaissance d’un personnage clé de l’histoire du Québec.

Finalement, je suis très, très excitée par le premier long métrage documentaire de Pablo Alvarez Mesa que je produis en ce moment. J’ai tellement aimé ses courts métrages Presidio Modelo et Song Jelena. »

MENTORS ET INFLUENCES : « Colette Loumède, c’est quelqu’un qui a été un véritable mentor et une inspiration pour moi.

Mes influences sont aussi autour de moi : Selin Murat, ma partenaire à Parabola Films. Dans les situations délicates, je me demande souvent : « Qu’est-ce que Selin ferait à ma place ? »

Shannon Walsh a eu une influence majeure sur moi. Comme amie et comme collaboratrice. Nous nous connaissons depuis plus de dix ans et nous venons de terminer notre troisième long métrage documentaire ensemble.

Laura Bari est une cinéaste qui m’ouvre aux différentes formes, aux différentes voies que peut emprunter le documentaire. Elle a des idées incroyables et une énergie contagieuse.

Je côtoie aussi un groupe de jeunes productrices qui ont une grande influence sur moi : Karine Dubois, Katarina Soukop, Stéphanie Verrier, Isabelle Couture, Élaine Hébert. Entre nous existe un incroyable esprit de collaboration.

Mes amis Bob Moore et Aisling Chin Yee sont aussi de précieux conseillers.

Et en siégeant au CA de Doc Québec, j’ai pu me forger une meilleure compréhension de l’industrie au sens large. La force du nombre ! »

LIEN WEB : www.parabolafilms.ca

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani / Gloss artistes

Publié dans Cinéma | 1 commentaire

KARINE DUBOIS

Karine Dubois a 31 ans. Elle est productrice.

Depuis 2008, Karine a produit plusieurs projets :

Un trou dans le temps, réalisé par Catherine Proulx, traitait de « la vie en milieu carcéral à travers le regard de détenus purgeant une longue sentence ».

Le bruit des mots, webdocumentaire réalisé par Catherine Therrien et coproduit avec Radio-Canada, avait pour sujet « des adolescents de Ville LaSalle qui apprivoisent le pouvoir des mots et la poésie à travers le slam ».

Présenté aux RIDM cette année, Le dernier cabaret, réalisé par Catherine Proulx propose « une incursion dans les coulisses d’un des derniers cabarets de Montréal, le Café Cléopâtre. On y découvre la vie des artistes qui font toujours vivre le lieu qu’on croyait condamné à la démolition ».

« J’ai fait mes études en science politique puis en journalisme. Je voulais être reporter de guerre. Un jour en classe on a regardé un film sur un photographe de guerre qui disait avoir perdu une partie de sa joie de vivre à force de côtoyer les plus grands drames. Ça m’a dissuadée de prendre ce chemin. J’ai fait du journalisme écrit, de la radio et j’ai compris rapidement que je ne voulais pas couvrir l’actualité au quotidien. Je voulais du recul, de la perspective, de la réflexion.

Je suis arrivée dans le monde du documentaire par la recherche. J’ai travaillé sur plusieurs séries documentaires comme recherchiste, un métier que j’adore. Je suis devenue productrice un peu par hasard, en travaillant sur un projet de documentaire sur des détenus qui purgent des longues sentences. J’ai, sans trop m’en rendre compte, pris le rôle de productrice dans le projet.

Depuis 2010, j’ai créé ma boîte, Picbois Productions. Je produis des projets documentaires pour la télé, le cinéma et le web. »

Karine travaille sur quatre projets : L’exil du retour, réalisé par Marie-Pierre Chazel, sur l’exil vécu par les missionnaires qui reviennent au Québec après une vie d’engagement en Haïti; Les petites patientes, réalisé par Catherine Therrien, sur les patientes anorexiques séjournant à l’étage des adolescents à Sainte-Justine; Bà Nôi, réalisé par Khoa Lê, un portrait de sa grand-mère vietnamienne de 93 ans; et Mon yiddish papi, un court métrage d’animation réalisé par Éléonore Goldberg sur l’histoire de son grand-père, résistant pendant la Deuxième Guerre mondiale. Ce dernier sera aussi la première expérience de production en animation par Karine.

Elle travaille aussi sur un projet documentaire transmédia sur la justice et une série documentaire sur le porno.

« Je veux faire des films qui feront évoluer les mentalités, qui feront réfléchir les gens. Je privilégie les films accessibles, capables de s’adresser à un large public.

Plus pragmatiquement, je voudrais pouvoir dire que j’ai réussi à traverser la crise que vit le documentaire actuellement et à mener à terme des projets qui me tiennent à cœur malgré la pénurie de financement.

Je veux garder le lien étroit que j’entretiens avec mes réalisateurs et réalisatrices. J’aimerais qu’entre eux se développe un esprit de communauté puissant. Je pense qu’on gagne vraiment beaucoup en motivation quand on a l’impression d’être une gang à aller dans le même sens, avec la même énergie.

J’aimerais réussir à produire un film politique fort. J’ai été très marquée par des films comme Le temps des bouffons de Pierre Falardeau ou Le confort et l’indifférence de Denys Arcand. Je pense qu’il n’y a plus assez de films documentaires qui parlent du pays, de politique, qui brassent la cage.

D’un point de vue plus personnel, j’aimerais réussir à avoir du succès avec mon entreprise tout en ayant plusieurs enfants. Pour l’instant c’est encore de la théorie mais c’est quelque chose de très important pour moi. »

LA RELÈVE QU’ELLE ADMIRE : « Catherine Proulx, Catherine Therrien, Marie-Pierre Chazel, Éléonore Goldberg, Khoa Lê, Sarah Fortin, Myriam Verreault, Simon Beaulieu, David Plasse, Martin Laroche. »

MENTORS ET INFLUENCES : « Marcel Simard, que j’ai côtoyé à mes débuts et qui m’a beaucoup inspirée par son engagement social et sa vision humaniste du documentaire. Marcel Jean, qui partage avec moi son expérience et ses précieux conseils. Monique Simard pour son aplomb et son parcours inspirant dans plusieurs sphères différentes (syndicats, politique, production). Pierre Falardeau pour son intégrité, sa liberté et sa combativité. Carole Laganière pour sa façon d’entrer en contact avec ses personnages, sa sensibilité et son indépendance d’esprit. Véronique Cloutier pour sa drive, son charisme, son humour, sa façon d’être vraie.

Je suis aussi particulièrement choyée en « amies de femmes » vraiment inspirantes et réconfortantes. »

LIENS WEB : Le bruit des mots : Radio-Canada.ca/lebruitdesmots
Un trou dans le temps : untroudansletemps.com

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani / Gloss artistes

Publié dans Cinéma | 1 commentaire

NADINE GOMEZ

Nadine Gomez a 32 ans. Elle est documentariste et directrice de la distribution.

Le premier long métrage documentaire de Nadine, Le Horse Palace, a été pour nous un vrai coup de cœur ! Ce film portant sur la plus vieille écurie de Montréal, située dans le quartier Griffintown, est présenté aux RIDM et sera prochainement en salle.

Nadine, qui est aussi directrice de production chez Productions Multi-Monde, possède un bac en journalisme, une maîtrise en communication et fait présentement un certificat en études urbaines.

« Un documentariste serbe que j’ai vu aux RIDM disait qu’avant de s’investir pendant trois ou quatre ans dans un film, il fallait vraiment que son sujet soit incroyable. Alors en attendant de trouver mon incroyable, je me fais la main sur l’incroyable des autres ! »

DÉMARCHE ARTISTIQUE : « Pour l’instant, je dirais que c’est quelque chose qui relève surtout de l’intuition et du pastiche, mais qui se camoufle derrière un air de ti-Jo Connaissant. Avec le film que je viens de réaliser, j’ai tout fait pour la première fois ! Mais peut-être que ma recette maison doit ressembler à : écouter plein de films, faire du vélo (c’est si inspirant, le vélo), poser des questions et être très intense, tout ça doublé d’épisodes de Seinfeld et d’un soupçon d’angoisse existentielle. Je devrais bonne pour faire un autre film. »

AMBITIONS : « Faire financer tous mes projets et ceux de mes amis, sauver la Cinémathèque et l’ONF, voyager infiniment, être riche et célèbre… il faut toujours envoyer des messages positifs à l’univers. Sinon, je suis très flexible pour le futur. Je suis prête à toute éventualité, même à celle de redevenir serveuse un jour ! »

ELLE ADMIRE : « Je ne suis pas très au courant de la relève. Il y a tellement de gens à Montréal et au Québec et dans le monde qui fond des choses incroyables… quel vertige ! J’ai beaucoup aimé Camion de Rafaël Ouellet et j’ai entendu Fanny Britt parler l’autre soir, elle est très inspirante ! Mais je n’ai pas besoin de regarder bien loin, parce qu’autour de moi il y a des gens qui ont du talent à l’infini : Hélène Desbiens, Étienne Lepage, Catherine Therrien, Sarah Linhares, mes amis qui ont fait Godin, Saël Lacroix, Marlene Edoyan, Anne Cloutier, Daniel Grenier, ce sont tous des gens qui sont jeunes, brillants, talentueux, c’est clair que je les admire ! »

INFLUENCES : « Je n’ai pas vraiment de mentors, mais il y a certainement des gens qui m’aident à trouver le monde plus beau. J’adore les BD de Guy Delisle; de Marjane Satrapi; de Joann Sfar : Le Chat du Rabbin, c’est de l’or ! C’est sûr qu’en cinéma, je name drop Herzog, Wenders, Kar-Wai et Leone, mais le cinéma québécois en est assurément la source. Brault et Perrault, Baril, Lavigne, Morin, les Falardeau, Abecassis, name it, il y a en masse de quoi s’inspirer. Et pour finir en beauté – comme si je venais de recevoir un Métrostar – je vais parler avec mon cœur et faire une spéciale dédicace d’inspiration à mes parents, à Jean Pichette, à mes racines aztèques aka ma famille mexicaine (pays où il se fait d’ailleurs du cinéma puissant et inventif), à Mafalda, à mes amis et mes amies qui sont comme mes yeux et mes oreilles, et définitivement à toute l’équipe Horse Palace. »

LIEN WEB: www.lehorsepalace-film.com.

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani/Gloss artistes

Publié dans Cinéma | Laisser un commentaire

MARLENE EDOYAN

Marlene Edoyan a 38 ans. Elle est réalisatrice et productrice.

Avant de se lancer dans la réalisation, Marlene a travaillé pendant plusieurs années comme directrice de production et directrice artistique sur des films d’animation. Actuellement, elle œuvre en tant que productrice de films documentaires chez Productions Multi-Monde.

En 2010, elle créait la compagnie de production Fauve Films, avec laquelle elle a produit et réalisé son premier long métrage documentaire, Figure d’Armen, un road trip poétique à travers le Caucase du Sud.

Marlene est d’origine arménienne et a grandi au Liban. Elle habite à Montréal depuis 15 ans.

« L’histoire des individus, leur parcours, ainsi que l’histoire de manière générale, me fascinent. J’aime explorer les concepts liés à « la géographie sociale-humaine », c’est-à-dire la relation entre les sociétés et les espaces. Dans cette perspective, je travaille présentement sur deux projets de films que j’espère développer et réaliser au cours des deux prochaines années. L’un d’entre eux se déroule au Moyen-Orient tandis que l’autre est basé à Montréal. »

« Mon parcours, ce mélange de forces culturelles, me pousse à regarder les choses avec un œil plus ouvert et global. Je suis attirée par des projets qui, souvent, rapprochent différentes cultures et perspectives. Dans cette optique, je souhaite, sur le long terme, m’investir dans des coproductions internationales et organiser un festival du film arménien à Montréal. Loin des ordinateurs, du bureau et des dédales de l’administration, mon désir ultime reste de voyager et d’explorer le monde à l’infini ! »

« Aussi éprouvant et stimulant que cela puisse être, je souhaite continuer à produire et à réaliser des documentaires. En tant que productrice, j’aime profondément faire partie du processus de production et être proche de la vision créatrice d’un réalisateur. Mon expérience de réalisatrice est relativement récente, mais je pense m’être préparée à ce rôle depuis un certain temps. Réaliser des films est pour moi une expérience très intuitive. Les longues heures et mois passés à faire des recherches et à travailler les images et les sons est un processus méditatif : c’est comme répéter un mantra.»

« Les femmes ont toujours constitué une majeure partie du public présent dans les salles de cinéma, et pourtant elles sont et restent grandement sous-représentées dans le domaine de la production et de la réalisation de films. Dans mon travail, j’ai la chance d’être entourée de femmes ouvertes d’esprit et créatives qui sont impliquées dans des projets en tant qu’activistes sociales passionnées. De manière générale, je suis convaincue qu’il existe une forte solidarité entre les réalisatrices et les productrices de films documentaires. »

ELLE ADMIRE : « Le premier film de Samira Makhmalbaf, The Apple. Ce film m’a donné envie de travailler dans le domaine du documentaire. Il y a aussi Heather O’Neill, Lara Akkari et ma fille, Camille ! »

INFLUENCES : « Hors de mon entourage immédiat, je suis inspirée par le travail de femmes créatrices visionnaires qui, grâce à leur sensibilité, ont renforcé la place de la femme dans la production et la réalisation de documentaires : Agnès Varda, Maya Deren, Marguerite Duras (dont les films sont hélas très peu distribués) et Kim Longinotto, entre autres. J’ai également eu la chance d’avoir un modèle féminin très fort, ma grand-mère Marie Orchanian, à qui je dois mon amour des histoires et de l’art de la narration. Elle a nourri mon imagination et mes sens dès le plus jeune âge !

Et Dina Nseir a été un mentor et une amie. »

LIEN WEB : https://vimeo.com/50801969

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani/Gloss artistes

Publié dans * À surveiller ! | Laisser un commentaire

HÉLÈNE CHOQUETTE

Hélène Choquette a 40 ans. Elle est documentariste.

Bachelière en communication profil cinéma à l’UQAM, Hélène réalise depuis 2001 des documentaires à caractère social, politique et environnemental.

Elle a coréalisé deux séries documentaires : Mon été au camping et Marché Jean-Talon, qui a gagné le prix de la meilleure série documentaire et le prix du multiculturalisme aux Gémeaux 2004. Elle a réalisé les documentaires Bonnes à tout faire (2005), Les enfants de Tchernobyl (2006), Les réfugiés de la planète bleue (2006), Bachelet et moi (2007), Avenue Zéro (2009), la série documentaire Les apprentis du rebut global (2008) et le webdocumentaire PIB : l’indice humain de la crise économique canadienne (2010).

Elle présente cette année au RIDM le documentaire Les poings de la fierté.

« Dans un camp de boxe thaï à la frontière de la Birmanie, des enfants de réfugiés birmans sont entraînés à la dure en vue des prochains combats. En cas de victoire, Petit Tigre et ses camarades récolteront l’argent des paris. Une pression énorme sur leurs jeunes épaules, mais aussi un gage de survie offert par des instructeurs thaïs aux motivations ambiguës. » (Site Web RIDM)

En ce qui concerne ses projets, il y a la sortie en 2013 de son documentaire Les discrètes, sur Émilie Gamelin et les Sœurs de la Providence, une production TOXA. Elle travaille également sur un documentaire long métrage produit par l’ONF, Grande fille !, sur les petites filles.

« Tout part du regard que je pose sur le monde et de comment j’arrive à le transposer dans un récit filmé. Intimiste, humaniste, empathique, sensible à la beauté discrète et singulière des gens. Je me laisse délibérément toucher par leur vie. »

SES AMBITIONS : « Que le documentaire cesse d’être marginalisé. Il soulève des questions de société trop fondamentales pour être relégué à l’arrière-plan. Nos films doivent être davantage vus ici et ailleurs. »

Les artistes de la relève qu’elle admire : « Xavier Dolan, Yung Chang, Catherine Major, Lisa Leblanc, Monia Chokri, Fred Pellerin. »

SON MENTOR : « Mon parrain Robert Mailloux, photographe de presse. Il m’a transmis sa passion de l’image. Je n’avais pas encore 14 ans quand il m’a fait assez confiance pour me prêter son précieux Hasselblad. »

Influences : « Jean Rouch, Ella Maillart, Pedro Almodovar, Tim Burton, José Saramago, Serge Gainsbourg et tant d’autres. »

LIEN WEB : www.labillebleue.com

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani/Gloss artistes

Publié dans Cinéma | Laisser un commentaire

HORS SÉRIE – Rencontres internationales du documentaire de Montréal

Cette semaine s’amorcera la quinzième édition des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Pendant la période du festival (7 au 18 novembre), nous vous présenterons le profil de six artistes qui ont retenu notre attention.

Six coups de cœurs, six découvertes, six fabuleuses rencontres !

Commençons !

Charlotte Selb a 32 ans. Elle est directrice de la programmation des RIDM.

Il nous fait plaisir d’entamer ce hors-série avec Charlotte Selb, qui signe, cette année, sa dixième programmation des RIDM ! Bravo ! Chaque année, Charlotte visionne plus de 500 films documentaires et en sélectionne environ une centaine pour le festival.

« De manière générale, les films que je respecte le plus sont ceux qui me changent, qui me troublent et me renversent, et m’amènent à voir le monde autrement ou à ressentir des émotions nouvelles. Mais programmer un festival, ce n’est pas juste choisir ses 30, 80 ou 100 films préférés, c’est aussi essayer de représenter les différents aspects et tendances de la création cinématographique actuelle, savoir écrire sur les films et connaître le public pour comprendre comment leur parler des films. »

« Au Québec c’est beaucoup plus facile pour une jeune femme de se faire une place dans le domaine culturel qu’en France, où j’ai vécu pendant 20 ans. C’est rare de voir une femme de 30 ans à la direction de la programmation d’un festival d’envergure en France… L’équipe des RIDM est très féminine, et notamment aux postes à responsabilité. D’ailleurs, selon les statistiques, les femmes sont mieux représentées en documentaire qu’en fiction, même s’il reste des inégalités. »

« Je travaille beaucoup, alors quand on me demande quelles sont mes ambitions, il me vient en tête des choses qui sont plus d’ordre personnel que professionnel ! Je veux lire plus car je ne lis jamais assez à mon goût, écrire mieux, être une cuisinière kick ass, voir davantage de vieux films et de fictions, et de manière générale être un peu plus au courant de ce qui se passe en dehors de la production documentaire actuelle ! Quand on se spécialise dans un domaine depuis longtemps, on finit par se sentir complètement inculte dans tous les autres… Je veux aussi passer du temps avec les gens que j’aime, car ce sont ceux qui m’enrichissent le plus. Et non, je n’ai pas envie de faire des films, pas du tout ! Si j’avais un rêve fou, ce serait plutôt d’écrire des livres…»

ELLE ADMIRE : « En documentaire, les artistes que je trouve prometteurs sont Véréna Paravel et Lucien Castaing-Taylor (Leviathan), Melanie Shatzky et Brian Cassidy (The Patron Saints, Francine), Michael Palmieri et Donal Mosher (October Country), Elizabeth Mims et Jason Tippet (Only the Young)… Au niveau local, les filles qui travaillent dans la boîte de production Parabola Films sont toutes super. La documentariste québécoise Caroline Martel est très talentueuse. En fiction, Myriam Verreault, qui a fait À l’Ouest de Pluton est aussi assez géniale. Je ne connais pas grand-chose en danse, mais mon amie Émilie Durville, qui est première soliste aux Grands Ballets Canadiens, m’impressionne vraiment. »

« J’ai beaucoup d’admiration pour ma meilleure amie, Aleksandra Zajko, qui a travaillé longtemps sur des projets d’art en prison pour femmes, un lieu où il y a tellement de choses à apprendre sur l’être humain. J’admire à peu près n’importe quelle personne qui arrive à être compétente et efficace sans être trop stressée, forte sans être dure. »

LIEN WEB : www.ridm.qc.ca

* Maquillage et coiffure par Dominique T.Hasbani/Gloss artistes

Publié dans Cinéma | Laisser un commentaire